Je travaille mon matériau quand il est encore chargé d’humidité, juste après sa confection. Appliqué sur un support, il se lisse et se laisse imprimer, recevant le dessin ou l’empreinte de façon très fidèle. Je travaille mon carton pâte dans l’épaisseur. Sa plasticité invite tout autant au modelage qu’à la gravure. Les creux et les bosses animent la surface au même titre que le graphisme.

J’associe dans ces ouvrages le dessin à la main et l’utilisation de petits gabarits ou tampons, fabriqués par mes soins ou issus de morceaux d’objets courants : bijoux fantaisie, portes couteaux, capuchons de shampoing et cosmétiques, jouets, pièce mécanique…tout ce qui offre un contour propre à s’imprimer dans mon support pour créer un motif ou un effet graphique. En séchant, le carton pâte révèle des textures caractéristiques. La fibre de papier se contracte et sa surface s’accidente de plissures et autres irrégularités. J’exploite volontiers cet aléa du séchage qui participe au caractère de l’image. Le carton pâte révèle alors une surface qui accroche la lumière faisant vivre le support et le travail de relief.

Mes couleurs investissent ensuite les creux et les bosses avec une logique très graphique axée sur la composition. Elles accentuent les lignes et les motifs et se répartissent sur les bosses et les plans pour accompagner ou animer la construction graphique.

Cartons pâte gravés ou estampés

Petits Graphik Flowers